Je rentre chez moi par le dernier tram, un 112 pour changer. Un groupe de françaises monte. Un autre français leur tape la discute. Terminus. Je remonte la rue, attrape une part de pizza histoire de ne pas finir le ventre vide. Dehors les fumeurs et les files d'attente devant les bars, plutôt courtes pour un vendredi soir. Dernier tournant, dernière ligne droite, je remonte tranquillement la rue lorsque qu'un crépitement se fait entendre. La pluie. En quelques minutes de grosses gouttes, la chaussée scintille, et j'y vois comme à travers un pare-brise dépourvu d'essuie-glaces. Ma veste en cuir est mouchetée de taches sombres et les gouttes ruissellent sur mon cuir chevelu. Il fait encore chaud, cela n'est pas désagréable.
samedi 21 mai 2011
Vingt quartre degrés
Par Sixtiz le samedi 21 mai 2011, 22:33 - En vadrouille
Vingt quatre degrés, il fait déjà nuit depuis plus de quatre heures. Assis au bord de la piscine, une piñacolada sur la table devant moi, derrière le grondement des vagues se brisant sur le récif. Après une semaine presque sans voir le soleil, il fallait bien une après-midi à la plage. De sable noir bien entendu. Le serveur fait le tour des tables pour la dernière tournée : il est bientôt onze heures. Dans le fare du bar, un tahitien secoue généreusenemt le shaker à cocktails. L'un de ceux qui en sortiront sera pour moi. Une demi-lune se lève lentement derrière de fins nuages. Des rires à une table voisine. Pas une ride sur la surface de la piscine.
mercredi 19 mai 2010
Ça descend... ou pas
Par Sixtiz le mercredi 19 mai 2010, 23:00 - Australie
J'aurais bien dit que le mercure descend, mais de nos jours il n'y plus de mercure dans les thermomètres. D'ailleurs j'ai un thermomètre de Galilée dont, comme chacun sait, les petites fioles de densités variées montent quand il fait froid. C'est le monde à l'envers ? C'est l'Australie, c'est normal. C'est l'hiver. Ou presque. Le matin le soleil ne monte plus assez haut pour passer par dessus l'immeuble d'en face, et l'arrêt de tram est à l'ombre. Je fais quelques mètres de plus pour retrouver les rayons salvateurs. Je ferme les yeux et je réchauffe une face, puis l'autre. Un ciel bleu fans faille, même en partant à 8°C le matin, ça sent le repas en terrasse à midi. Je tourne la tête au grincement du tram sur les rails. L'écran d'information annonce now
. Effectivement.
samedi 27 février 2010
Dans le tram
Par Sixtiz le samedi 27 février 2010, 00:22 - Bus Tardif
Sur le quai, deux jeunes passent chacun avec deux ou trois bouteilles de Corona ouvertes et moussantes dans les mains, récupérées on ne sait où. Je monte dans le quatre-vingt-seize. Deux sièges devant moi sur la droite, une jeune femme pleure au téléphone, Don't be silly...
se lamente-t-elle. Pas vraiment mignonne mais on aurait quand même envie de la réconforter. Un autre au visage d'une beauté déconcertante monte et vient s'assoir à coté d'elle. Un polo rouge aux couleurs d'une marque de café, serveuse probablement. Elle sort un pavé de son sac et commence à lire. Son visage sérieux à la bouche qui sourit à l'envers ne semble pas prêter attention à ce qui l'entoure. Un groupe de joyeux canadiens qui monte et s'agite finit par lui faire secouer la tête d'un air désapprobateur. Ils rient d'un pari stupide qui m'échappe. Un indien à la jambe de bois s'extirpe tant bien que mal de son siège et boite jusqu'à la porte. Je suis presque arrivé.
mardi 15 décembre 2009
Vilnius
Par Sixtiz le mardi 15 décembre 2009, 03:08 - En vadrouille
Les premiers flocons de neige dignes de ce nom ont fini par blanchir le sol. Températures négatives ces derniers jours, je m'amuse à courir et glisser sur les flaques gelées. Les illuminations sont de sortie dans les arbres et sur les lampadaires. Des sapins géants ont fait leur apparition sur les places ainsi que les petites cahuttes du marché de Noël qui vendent vin chaud, spirales de pommes de terre frites, bonnets, gants et autres babioles. Au soleil rasant de midi, je regarde le jeu des ombres sur une façade saumonée aux tours de fenêtres blancs. Celles des bâtiments qui bougent quand on a le dos tourné. Celles des arbres sans feuilles. Et celles mouvantes de le fumée d'une cheminée voisine.
mardi 10 novembre 2009
Avec chauffeur
Par Sixtiz le mardi 10 novembre 2009, 06:48 - En vadrouille
À l'arrière d'une Chevrolet blanche climatisée, je regarde à ma gauche des lumières qui courent sous le feuillage des arbres. Elles semblent se déplacer elles aussi, un train nocturne fait de lampadaires jaunes et blancs. À Riyadh plus qu'à Jeddah, le bitume pourtant terni par la poussière luit comme une vieille marche de pierre patinée, reflétant les phares des voitures, l'éclairage public et les enseignes multicolores. Et les clous. En guise de marquage au sol, des clous dont la grosse tête ronde et légèrement bombée au dessus de l'asphalte fait vibrer les roues lors des changements de file. Un peu plus loin de l'autre côté de la route, une forêt de plus de soixante grues de tailles diverses surplombe un immense parterre de fondations sortant du sol. Le matin c'est dans un air épaissi par la poussière et les rejets des moteurs diesel que tout se met un mouvement et se fond dans un horizon laiteux au bord duquel le soleil n'est qu'une grosse boule orangée à caractère décoratif et à la lumière faiblarde.
vendredi 30 octobre 2009
Chronique aéroportuaire II
Par Sixtiz le vendredi 30 octobre 2009, 14:49 - En vadrouille
Une petite heure avant le décollage. Dans un fauteuil en diagonale, un asiatique parlant anglais mange des morceaux de nourriture lisses et orthorhombiques de différentes couleurs que j'identifierai plus tard comme étant des morceaux de fruits et non un substrat protéique coloré et aromatisé sorti tout droit d'un film futuriste. J'en suis presque déçu mais la fatigue qui avait laissé libre cours à mon imagination me le fait oublier aussi vite. En face de lui mais de dos pour moi, les cheveux courts et le bras grassouillet, j'ai du mal à déterminer le genre. Finalement la discrète boucle d'oreille, la voix et le fait qu'il lui tende un prospectus à connotation vacancière m'indiquent qu'il s'agit de sa femme. L'heure de l'embarquement approche, mais pas d'annonce. La lounge se vide. Bientôt plus que nous trois. Notre asiatique s'inquiète et s'enquiert auprès de la réceptionniste. J'ai eu beau leur dire que l'avion n'était pas prêt, ils sont tous partis
, explique-t-elle. Je finis de siroter tranquillement mon tonic.
samedi 19 septembre 2009
La vie d'artiste
Par Sixtiz le samedi 19 septembre 2009, 21:58 - Général
Quatre photos[1] exposées depuis une semaine à la Brunswick Street Gallery[2]. Au milieu de 850 autres en provenance de 350 photographes, j'ai droit à un petit pan de mur. L'occasion de ramener du monde dans les quartiers nord vendredi pour la remise des prix. Rien récolté cette fois-ci[3] mais le début de la gloire n'a jamais été aussi près, c'est sûr. Et ça se fête. Le samedi pour se remettre des émotions de la veille, on retrouve les bonnes habitudes entre photographes avec une après-midi au Claypots à écouter du jazz, manger des huitres[4] et siroter du sauvignon blanc. Quand on ressort, le ciel s'est couvert et l'eau ruissèle sur la route. Dans les phares des voitures et sous les réverbères les gouttes tombent tranquillement. Une déchirure plus claire dans les nuages laisse entrevoir que la nuit n'est pas encore tout à fait là. Il est bon de prendre le temps de se faire mouiller par la pluie.
dimanche 9 août 2009
Ad Dammam
Par Sixtiz le dimanche 9 août 2009, 17:39 - En vadrouille
Quarante cinq degrés à l'ombre bien tassés dans la journée. Quand le soleil se couche on finit par tomber sous les quarante. Autour d'une ville couleur sable, le désert et des dromadaires noirs. Quelques palmiers et broussailles ornent parfois les dunes. Il y a la mer aussi, de l'autre côté, mais faute de temps je n'ai fait que l'apercevoir par le hublot de l'avion. Sur l'autoroute qui mène à l'aéroport, les hommes se battent contre le désert et le vent. Le sable s'amasse contre les blocs de béton qui forment le terre-plein central, occupant une bonne moitié de la troisième voie. Les travailleurs immigrés, la tête enfouie dans un foulard aux manettes de leurs tractopelles miniatures à cabine ouverte, tentent de déblayer plus vite que le vent ne remblaye. D'autres derrière leur camions-citernes arrosent les rangées d'arbres frêles plantés là pour essayer d'endiguer le phénomène.
Des trainées de sable courent sur l'asphalte emmenées par un vent brûlant, fouettant la voiture au passage. En marge de la route, d'autres bulldozeurs s'échinent à repousser les dunes, laissant derrière eux des sillons dans le sable et un panache de fumée noire sur un horizon grisé par la chaleur.
samedi 4 juillet 2009
Bon à savoir
Par Sixtiz le samedi 4 juillet 2009, 01:30 - Bus Tardif
Même de nuit, sous la pluie, et avec un taux d'alcoolémie non négligeable, j'arrive à reconnaitre l'enseigne du Hungry Jacks. Et un Ultimate Double Whooper plus tard, quand je fais mine de rentrer chez moi, un tram arrive qui me déposera devant ma porte (ou presque). Que demande le peuple ?...
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