mercredi 19 mai 2010

Ça descend... ou pas

J'aurais bien dit que le mercure descend, mais de nos jours il n'y plus de mercure dans les thermomètres. D'ailleurs j'ai un thermomètre de Galilée dont, comme chacun sait, les petites fioles de densités variées montent quand il fait froid. C'est le monde à l'envers ? C'est l'Australie, c'est normal. C'est l'hiver. Ou presque. Le matin le soleil ne monte plus assez haut pour passer par dessus l'immeuble d'en face, et l'arrêt de tram est à l'ombre. Je fais quelques mètres de plus pour retrouver les rayons salvateurs. Je ferme les yeux et je réchauffe une face, puis l'autre. Un ciel bleu fans faille, même en partant à 8°C le matin, ça sent le repas en terrasse à midi. Je tourne la tête au grincement du tram sur les rails. L'écran d'information annonce now. Effectivement.

mardi 30 juin 2009

A pied

Vingt-deux heures et ce qui reste d'une belle journée d'hiver qui m'a vue déjeuner en terrasse. Il fait encore une quinzaine de degrés que la légère brise peine à faire ressentir comme frais. Je remonte une rue de traverse aux lampadaires épars. Les fils électriques en partance du transformateur se balancent et grincent comme du vieux parquet. Ou bien est-ce le poteau en bois ? Sur le trottoir, une paire de baskets blanches sortent de l'ombre et viennent dans ma direction. Des phares projettent un court instant des ombres mouvantes le long du sol. Je passe sous les branches d'un petit arbre qui frémit. De l'autre côté de la rue, un eucalyptus plus grand s'agite. Quelques porches éclairés, quelques fenêtres aussi. Les maisons victoriennes se détachent sur un ciel éclairé par la ville. Mes pas et le silence. Il me faudra atteindre de bout de la rue pour retrouver un peu d'activité nocturne. Passants, voitures feux-rouges. Et même une sirène fuyante un peu plus loin.

lundi 8 juin 2009

Pluie et vin chaud

Les éléments s'agitent en ce lundi après-midi. Le ciel menace, il pleut sur la baie. Quelques parcelles de bleu, quelques rayons timides mais le gris l'emporte, aidé par le vent. Il amène la pluie. On était prévenus mais on se retrouve mouillées quand même. Le bar du Claypots sera une fois de plus notre refuge. On y trouve du vin chaud dans lequel trempent des tranches de pamplemousse et des clous de girofle. Des huitres de Tasmanie et un petit vin blanc. Des anchois grillés avec des cacahouètes au piment. Des vieux blues dans les haut-parleurs. Et des tabourets sans place pour mettre les pieds.

lundi 4 mai 2009

Chill out

Longeant Fitzroy Street les bras chargés de victuailles pour le reste de la semaine, un air d'une épaisse fraîcheur s'engouffre dans mes narines frémissantes à l'idée du souper qui approche. L'automne est revenu pendant que j'avais le dos tourné et les pieds dans des sandales en cuir de chameau. Le matin, un coup d'œil au thermomètre m'indique si l'écharpe est de mise ou si l'été garde encore prise. En ces temps ou la fraîcheur revient, je me réchauffe à la musique live. Du jazz au Claypots ou au Paris Cat, les rescapés du Buena Vista Social Club dans la belle salle du Hamer Hall, le tout dans l'ordre décroissant d'entassement des spectateurs.

Dans le minuscule bar du Claypots, le contre-bassiste est debout sur le banc derrière la porte, le saxophoniste dans l'entrée, le pianiste à moitié derrière le bar et la batterie au milieu. Les chaises aussi sont musicales et régulièrement les trois derniers échangent positions, micro ou instruments sous l'œil amusé de la foule. L'énergie déborde, les passants s'arrêtent derrière la vitre, passent la tête dans l'entrée, remuent au rythme de nos quatre compères.

vendredi 6 février 2009

L'été temps !

Après une semaine au dessus des quarante degrés suivie d'une légèrement en dessous, février pointe le bout de son nez et les vieux trams sans clim roulent toutes fenêtres ouvertes. L'été a repris ses droits juste à temps pour faire suer comme il se doit les joueurs de l'Open d'Australie. Au delà du mercure qui monte dans les thermomètres qui en sont désormais dépourvus, les nombreuses joies des hautes températures incluent coupures d'électricité, trains annulés, incendies dans le bush et glaçons qui fondent plus vite dans le pastis. Demain, quarante-trois quarante-quatre quarante-six.

jeudi 6 novembre 2008

Mi-saison

Hier matin, je pars travailler par à peine 10°C, je reviens par presque 30. Aujourd'hui on tourne à 16. C'est ça le printemps à Melbourne, les températures font le yoyo au gré des vents. Les jours s'allongent et je m'arrange pour finir un peu plus tôt, et profiter du soleil sur le chemin du retour. Autour des huit heures les nuages deviennent bleu-gris sur un fond de ciel presque blanc, et on ne sait plus qui est qui avant que le rose et l'orangé ne se joignent à la fête.

Sur un tout autre registre, je témoigne qu'un Roquefort laissé sécher une paire de semaines au frigo, ça arrache presque autant qu'un Picodon de Dieulefit dur comme du bois. Il faut dire aussi que le Roquefort en question a de quoi être un peu échaudé d'avoir fait le voyage jusqu'ici, et la sélection naturelle aidant, on comprendra que les bonnes bactéries qui restent, elles on la niaque. Et quelque part c'est tant mieux, parce que j'ai beau être d'un naturel optimiste — encore que certains diront pragmatique — je doute qu'on puisse en trouver par ici, du Picodon de Dieulefit.

samedi 11 octobre 2008

Un air d'été

De retour à St Kilda par une fin d'après-midi à 25°C, juste le temps de poser les valises et de prendre une douche, et je ressors prendre la température sur Fitzroy Street. Partout les terrasses sont bien remplies et les tenues légères. J'arrive à la plage pour la fin du coucher de soleil. Sur la promenade enfin refaite, l'ambiance est romantico-cosmopolite devant l'arrière-plan en dégradé du bleu au rouge-orangé. Rires et éclats de voix, vélos et poussettes, dans le sable ou sur les planches. Les mouettes passent devant les projecteurs et dénotent sur un ciel où apparaissent les premières étoiles. L'été revient. Demain, je ressors le monocycle.

samedi 6 septembre 2008

Entre les gouttes

Un ciel bleu immaculé ce samedi matin, après le repas je sors la moto. Je pointe un endroit sur la carte et en avant. Au feu rouge j'ai presque trop chaud avec le blouson, avec un peu de vitesse c'est juste bien. Sorti de Melbourne tout n'est pas si rose, ou bleu, c'est comme on veut. Les nuages menacent, puis passent à l'acte. Je me réfugie dans une station-service et me réchauffe avec un chocolat et le sourire de la caissière. La pluie cesse, je reprends la route, persiste quelques kilomètres mais en avant cela menace toujours, alors demi-tour. Je finis par rattraper la pluie, nouvel arrêt sous un abri-bus. J'en profite pour essorer les chaussettes.

De nouveau en selle, je rattrape la pluie une cette fois avec un arc-en-ciel, mais qu'à cela ne tienne, l'image d'un bon bain chaud désormais en tête, je la double avec un sourire narquois. De retour à Melbourne il fait de nouveau bon et mon jean est presque sec. Bon, et la météo pour demain, ça donne quoi ?

mercredi 2 juillet 2008

Sourire d'hiver

Les rues presque vides aux passants pressés, les arbres aux branches nues, la nuit et la fraicheur qui s'engouffre dans le coup, pas de doute : je suis bien revenu en hiver. Et c'est avec une joie non dissimulée que je ressors mon écharpe restée au chaud dans le le placard. Peu importe le choc thermique et le rhume qui s'en suivra probablement d'ici la fin de la semaine, c'est avec le sourire que j'arpente ces lieux familiers. Je regarde d'un air amusé les touristes scrutant l'obscurité à travers les vitres des trams, espérant apercevoir le nom d'une rue ou d'un arrêt leur indiquant qu'ils ne sont pas complètement perdus. Moi j'ai retrouvé ma ville.

dimanche 30 mars 2008

Welcome Back

On a beau être bien à Tahiti, c'est agréable de rentrer chez soi. De retrouver ses marques. Un air frais et des feuilles qui tombent.

Alors que les nuages jouent à chat avec le soleil et que j'attaque mon Missed Breakfast en terrasse du Street Café, deux individus louches et une hystérique vient régler leurs comptes à quelques mètres à grand coups de fuck et de chaises qui volent. J'apprécie la scène presque autant que le bacon de mon assiette, une légère appréhension à l'idée de me retrouver mêlé à la bagarre. Les serveurs interviennent, les protagonistes se dispersent, l'un d'eux passe derrière moi par dessus la barrière et me tape sur l'épaule en s'excusant de troubler mon repas, avant de traverser la rue et, rejoint par les deux autres, de remettre ça. Home sweet home...

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